Le bassin au service du geste musical. Et pourquoi pas les pieds ! On vous a tellement raconté de choses étranges que vous êtes aujourd’hui incrédule.

Le bassin au service du geste musical. Et pourquoi pas les pieds ! On vous a tellement raconté de choses étranges que vous êtes aujourd’hui incrédule.

Aujourd’hui encore, une majeure partie des musiciens à tendance à ne s’intéresser
qu’aux parties du corps qui agissent directement sur l’instrument.

Le corps dans son intégralité est comme « coupé en deux »: d’un côté les actionneurs (les doigts, la main, les lèvres)
s’entraînent de manière acharnée, et de l’autre le reste du corps supposément génial et inspiré,
qui, dans les esprits  fonctionnerait de lui-même à la perfection.

Cette attitude de « déni » laisse place aux défauts posturaux, à l’origine de nombreuses tensions.

Dans l’optique de rétablir une conscience corporelle, ce travail tentera de répondre à une problématique centrale :

Quelle dynamique posturale appliquer au bassin pour garder une colonne érigée ?

Dans un premier temps, nous expliquerons brièvement le rôle du bassin sur un plan anatomique.

Nous comprendrons alors pourquoi il est capital de le placer au centre de la recherche posturale.

Puis, nous nous centrerons sur la pratique musicale, en partant des tendances dysfonctionnelle
propres aux postures assises et debout.

Enfin, nous proposons une série de petits exercices destinés aux musiciens et, aux pédagogues,
qui contribueront à rétablir ou, instaurer un bon équilibre  corporel.

I)  Le bassin, fondement de l’équilibre corporel

L’alignement corporel se constitue de trois volumes osseux alignés
dans la verticale gravitaire et reliés par la colonne vertébrale :
La tête, la cage thoracique, le bassin.

La colonne vertébrale s’étend du crâne au coccyx, muscles et ligaments en soutiennent l’ensemble.

Faite d’un empilement de 24 os creux et mobiles appelés vertèbres, elle est droite de face, et sinueuse de profil.

Ses trois courbures, visibles de profil, se succèdent et sont opposées.

Il s’agit de: la lordose cervicale, une courbure concave (en creux) au niveau du cou ;
la cyphose dorsale, une courbure convexe (arrondie) au niveau du haut du dos ;
la lordose lombaire, une courbure concave (en creux) dans le bas du dos, le creux des reins.

Elles assurent toutes les trois un compromis entre la stabilité et la mobilité du corps.

Le bassin, carrefour entre le haut et le bas du corps, conditionne la position de la colonne vertébrale
dans tous nos mouvements, nos positions, au repos comme dans l’effort.

Il représente notre base, notre fondation. La clé de toute bonne posture part donc d’un bon positionnement du bassin,
pour favoriser l’aisance des mouvements tant dans la partie supérieure du corps que dans sa partie inférieure.

Il faut alors chercher la mobilité du bassin pour favoriser le maintien des courbures naturelles de la colonne vertébrale.

II) Une mobilité du bassin au service du geste musical

A l’instar des danseurs et autres sportifs, le musicien gagnerait donc à développer une conscience corporelle.

Sa pratique, rythmée par la répétition des mêmes gestes, pourra alors s’affranchir de toute tension, préservant ainsi le plaisir de jouer.

La posture, dans cette approche, est un système dynamique qui se nourrit du mouvement.

a)  Développer aisance et endurance debout

La sensation générale d’inconfort découlant d’une posture debout statique, est accentuée
dans la pratique par certains facteurs comme  la tenue de l’instrument ou les mouvements exécutés (jeu en hauteur, omoplates vers l’arrière…).

De plus, beaucoup de musiciens ont tendance à accentuer le basculement naturel du bassin vers l’avant (antéversion),
et par la même,  la cambrure des reins. Malgré son apparente  tonicité, cette posture déforme
les courbes naturelles de la colonne et génère des tensions localisées à divers endroits.

Il faut donc chercher à dé-cambrer le bassin, le tout sans le figer.

En effet, la mobilité du bassin va permettre une véritable utilisation des groupes musculaires qui l’entourent (abdominaux, fessiers, cuisses).

Mis en action, ces muscles instaurent un véritable tonus permettant de rétablir les courbes naturelles d’une colonne bien érigée.

 b)  Rétablir un tonus de posture assise

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la position assise, de prétendu « repos »,
est aussi contraignante pour le corps. Le bassin se place vers l’arrière, en rétroversion.

Le tonus de posture est absent. Dans la pratique, ce manque de tonicité s’accompagne
d’une raideur des muscles de la chaîne postérieure et des hanches, bloquées.

Rétablir le bassin à la verticale n’est pas une solution. Encore considérée par de nombreuses personnes
comme correcte, cette position artificielle est fatigante pour la musculature et maintient la colonne vertébrale
dans une posture rigide et figée ne respectant pas les courbures naturelles.

L’assise correcte découlerait donc d’un léger basculement vers l’avant, s’appuyant sur l’avant des ischions
permettant à la colonne de garder sa forme érigée et ses courbures naturelles.

Une fois de plus cette posture ne doit pas être figée mais rester mobile.

Elle permet aussi au musicien d’alterner en toute discrétion position de repos et position « active » en appui léger.

 III)  Exercices

Exercice pour expérimenter la mobilité du bassin, dans une position assise (pas plus d’une minute environ) :

La clef pour s’ériger se situe dans la ceinture abdominale et le fessier.

Jouer avec ces muscles-là pour faire basculer le bassin d’avant en arrière.

Diminuer le mouvement petit à petit pour moins fatiguer les muscles du dos.

Cet exercice permet de ne pas figer le bassin dans une position trop avant ou arrière.

Exercice permettant de travailler la mobilité du bassin et de la hanche:

1. S’assoir sur un ballon de diamètre 60 cm environ.

Faute de ballon, le musicien peut travailler avec un coussin à air posé sur une chaise.

2. Utiliser l’appui des deux pieds au sol et la mobilité du ballon pour effectuer de légers mouvements
d’avant en arrière, de gauche à droite, avec de légères rotations du bassin dans un sens, puis dans l’autre.

Qu’il s’agisse d’une position assise ou debout, la manière dont le musiciens utilisera son bassin conditionnera
la nature de sa posture, et donc son aisance dans le jeu.

Retenons que cette partie du corps ne doit pas se figer, mais rester en constante mobilité.

Les légers mouvements de rétroversion/antéversion « régulent » la posture et permettent d’entretenir
les courbures naturelles de la colonne vertébrale, sans se fatiguer. C’est le maintien de cette colonne érigée qui assure liberté, aisance dans le geste instrumental.

Les répercussions bénéfiques  peuvent être nombreuses et toucher différents paramètres musicaux :
sonorité, endurance, rapidité, puissance… Enfin, c’est à travers un travail de tous les jours,
visant à développer ses sensations, que le musicien parviendra à accéder à cette conscience corporelle.

Lison AUTIN et Leslie KACI, musiciens et pédagogues.

Synthèse d’un cours de Physiologie et Mouvement de Marc Papillon.

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