Je suis rentré en Dystonie comme Orphée entre en enfer, en aveugle… Un musicien au milieu de nul part ! Opus 2

Je suis rentré en Dystonie comme Orphée entre en enfer, en aveugle… Un musicien au milieu de nul part ! Opus 2

L’équilibre avait rompu, Armageddon pouvait commencer.

Je n’étais plus capable du jour au lendemain d’avoir une représentation intérieure fiable
et utilisable de mon instrument.

Papillon Gestes et postures du musicien

Je suis rentré en Dystonie comme Orphée entre en enfer, en aveugle…
Je ne reconnaissais plus l’univers intérieur que j’avais pourtant construit
et rendu progressivement spécifique et exclusif de ma personne.

Aucun hurlement, aucune prière n’empêchaient les notes de se dérober, bien au contraire,
la plupart n’auraient jamais dû se trouver là où elles étaient et je ne pouvais rien y faire,
je « sentais » le manche se déformer sans cesse sous mes doigts.
Mes doigts, parlons-en, comme retenus par des millions de contre ordres invisibles,
ils s’effaçaient les yeux fermés, sans être d’une aide aucune les yeux ouverts…

Poignets et pouces embastillés par une raideur invincible et combative,
vision intérieure embrouillée, parasitée par l’afflux de millions de faux-amis du geste recherché.
Membres droit et gauche, totalement désynchronisés, généraient en continu
une infinité d’images-mouvements absurdes et instables, rendant presque impossible à isoler,
d’une seconde sur l’autre, le geste idéalement désiré.

Plus de hiérarchie entre les possibles et le souhaitable.
Toutes mes afférences avaient été réaffectées à l’insu de mon plein gré.

J’étais le prisonnier d’un monde de régression obligatoire, d’idoles stagnantes dans leur marécage mémoriel,
d’un monde qui transforme en espoir fou toute idée de progrès, toute idée de fuite, d’un monde qui avait été le Mien…

Mon jeu s’est alors rempli d’impossibles : impossibilité de jouer longtemps,
de compter sur des automatismes, fin de la liberté d’anticiper, fin de la liberté d’improviser…

Les conséquences sur ma vie sociale et professionnelle ne se sont pas faites attendre…

L’étiquette de « victime » d’un drame personnel rarissime étant lourde à porter,
j’ai rapidement migré vers le désert social, de rares amis admirables
m’assurant un approvisionnement relationnel de subsistance.

A quarante deux ans, je me sentais alors bien seul, comme à côté d’un cratère au milieu de ma vie.

Jusqu’alors, cette vie avait été très gratifiante en matière d’ego, je découvris combien le revers de la médaille
coûte parfois plus cher que le prix de la médaille elle même…

Après une phase de panique aussi profonde qu’inévitable, aussi inévitable qu’inefficace,
j’ai produit les premiers bilans d’une longue série de «résumés de la situation» :

1) Il fallait trouver dans la littérature le nom de ce que j’avais.

2) Il fallait trouver le maximum de descriptions.

3) Point positif, mes archives avaient été dispersées, mais pas détruites,
il devait donc exister un moyen de reconstituer le puzzle.
Des fulgurances de mon jeu «d’avant» m’encourageaient dans cette direction.

4) Le puzzle étant protéiforme, multidimensionnel et dynamique, la contre-attaque allait être rude…
par où commencer ?

Voici donc mon deuxième opus, aucun accouchement n’est jamais une formalité…

Guylain, un musicien en quête…

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