Déchirure musculaire de la lèvre supérieure chez une jeune corniste.
Hors instrument, l’examen clinique ne révèle rien au niveau du masque et des lèvres.

Déchirure musculaire de la lèvre supérieure chez une jeune corniste.
Hors instrument, l’examen clinique ne révèle rien au niveau du masque et des lèvres.

Estelle est une jeune femme âgée de 16 ans, corniste depuis l’âge de 6 ans.

A la fin du mois de juillet 2012, elle interrompt pendant une semaine la pratique instrumentale.

Elle reprend l’instrument au rythme de 30 minutes par jour les deux premiers jours
et deux heures à partir du troisième jour. Au bout d’une heure de pratique elle ressent une fatigue
mais continue de jouer en forçant pour parvenir à retrouver son idéal sonore.

Elle ressent une douleur sur le bord extérieur de la lèvre inférieure au niveau central.

La douleur dure un mois. Par trois fois elle tente de reprendre le jeu, avec douleur, et est obligée de s’interrompre de nouveau.

Examens médicaux

La conclusion de l’échographie de la lèvre supérieure décrit une suspicion de déchirure de la lèvre supérieure.

La jeune corniste décrit une sensation de léger creux ressenti par la langue  sur la face interne de la lèvre inférieure.

Examen clinique : 

Hors instrument, l’examen clinique ne révèle rien de particulier au niveau du masque et des lèvres.

Mais par ailleurs Estelle  me dit être suivie depuis 8 ans pour des douleurs lombaires
et cervicales (du côté droit). Ces douleurs se sont accentuées avec la pratique instrumentale.

Une attitude scoliotique avait alors été évoquée, mais ne passe pas alors que depuis deux ans
les séances de rééducation sont passées de 1 à 2 séances hebdomadaires.

Ces douleurs apparaissent après 10 minutes de jeu et également en dehors de la pratique instrumentale.

Plus récemment son kiné suspecte une scoliose plutôt qu’une attitude scoliotique, étant donnée la gibbosité droite très marquée.

Du grec skolios, tortueux, la scoliose est une déformation, dans les trois plans de l’espace,
de toute ou partie de la colonne vertébrale. Cette déformation entraîne une torsion
d’une ou de plusieurs vertèbres sur elle(s)-même(s) provoquant alors une déformation du thorax, de l’abdomen, etc.

On comprend alors que toutes les déformations de la colonne ne peuvent être considérées comme des scolioses.

Il convient en fait de bien distinguer notamment la scoliose de l’attitude scoliotique :
l’attitude scoliotique (beaucoup plus fréquente et beaucoup moins grave que la scoliose « vraie »)
correspond essentiellement à une déviation latérale de le colonne (pour compenser, par exemple,
un déséquilibre du bassin), sans véritable torsion des vertèbres et sans déformation du tronc.

La scoliose « vraie » se caractérise donc par son aspect tridimensionnel
où chaque vertèbre subit un déplacement :

– dans le plan frontal en inclinaison latérale,
– dans le plan sagittal en extension,
– dans le plan horizontal (ou coronal) en rotation axiale. Cette rotation vertébrale (torsion)
dans le plan horizontal est l’anomalie fondamentale.

L’ensemble de ces trois déplacements se traduit par une torsion du rachis (un peu à la manière d’un escalier en colimaçon).

Les mécanismes automatiques de rééquilibration globale du rachis pour maintenir l’horizontalité du regard,
sont à l’origine des contre-courbures (colonne formant un « S »).

De plus, ces rotations vont par ailleurs induire une rotation de toute la « tranche » de corps
qui correspond à la vertèbre incriminée. Ces rotations ne sont jamais isolées,
elles s’accompagnent de rotations dans le même sens pour les vertèbres voisines,
et souvent de rotations dans le sens opposé des vertèbres distantes.

Les marques visibles de la scoliose seront fonction de l’importance des déformations.

On pourra ainsi observer chez une personne scoliotique :
– Un déplacement latéral du rachis : la colonne n’est pas « droite »,
elle est décalée par rapport à un fil à plombs qui tomberait de la base de la nuque.
– Une gibbosité : associée à la déviation frontale, elle définit la scoliose.

En se penchant en avant, certaines régions du tronc apparaîtront plus hautes que le reste, formant une bosse.

Cette gibbosité témoigne de la rotation des vertèbres et de la « tranche » de corps qui s’y rapporte.

Les scolioses thoraciques se traduiront notamment par une impression d’épaule plus haute que l’autre.

Les scolioses lombaires donneront une impression de bassin déséquilibré.
– Exagération de la lordose lombaire : le « creux des reins » est plus prononcé qu’à l’ordinaire.
– Les seins peuvent avoir l’air asymétrique, les côtes et le thorax pouvant être déformés par la scoliose.

 

Toutefois, son médecin ne parle pas de scoliose compte tenu de ce que les radiaux ne présentent pas de rotation de vertèbres.

Mais la déviation latérale ne disparaît pas et au contraire s’accentue.

Lors du bilan réalisé à l’instrument, Estelle met 1,3 seconde pour préparer systématiquement
ses lèvres avant d’attaquer le premier son.

Elle reconnaît avoir une exigence accrue relative à la qualité de son son.

Elle reconnaît aussi une facilité d’apprentissage et une rapidité d’intégration.

Cela indique chez ces musiciens très instinctifs un manque total de repère lorsqu’une faille arrive.

La position d’Estelle à l’instrument montre une rotation du buste vers la gauche
avec une légère projection de la tête en avant et un franc tiré de l’omoplate droite en arrière.

Cette position est due au placement de la main droite dans le pavillon, entrainant un placement
du bras droit en arrière du plan du corps et la projection de la même omoplate.

Estelle tire son omoplate en arrière et a depuis 10 années hypertrophié sa musculature  entre omoplate et colonne vertébrale, assimilée comme une gibbosité.

Propositions immédiate : 

– prendre conscience de la rotation de sa colonne vertébrale,

– corriger cet axe vertical formé par la colonne vertébrale en position assise,

– corriger le placement de son omoplate droite

– attaquer directement une note tenue sans préparation excessive
du masque et en acceptant d’obtenir un son éloigné de son idéal.

Résultat :

Au résultat, Estelle ne se fatigue pas la région lombaire, même après 25 minutes de jeu.

La nuque et la tête sont plus libre et les voix respiratoires supérieures sont libres de tension
musculaire grâce à une colonne érigée dans l’axe et une tête au sommet équilibrée.

Tout ceci permet à Estelle d’attaquer directement en observant et en entendant de réels bénéfices
au niveau des lèvres et du masque. En outre, elle se rapproche de son idéal sonore.

Aucune douleur n’a été ressentie au niveau de la lèvre et le plaisir d’attaquer directement (et sans forcer)
fait retrouver le sourire à cette jeune demoiselle.

Sa gibbosité n’est qu’une masse musculaire hypertonique (rhomboïdes et trapèzes moyens),
qui ne laisse aucun doute sur l’attitude scoliotique réelle d’Estelle.

Propositions – directions :

– Jouer 2 minutes par 20 minutes de pratique en appliquant ces corrections posturales
et avec la volonté de ne pas se focaliser sur le son mais sur ses sensations.

– Reprendre progressivement son rythme de travail pour passer de 30 minutes aux 1H30 nécessaires
pour préparer un concours qui aura lieu au mois de février.

Estelle décide d’apporter son cor à sa prochaine séance de kinésithérapie.

Conclusion : 

Estelle ne souffrira plus longtemps d’un surmenage de la lèvre inférieure du à  la « gibbosité » du jeune corniste.

Son attitude scoliotique a des chance de s’améliorer voir de disparaitre. Ses douleurs lombaires et cervicales disparaîtront.

Dernières nouvelles – fin octobre 2012 : 

Estelle n’a plus mal au dos, ni aux lèvre et rejoue 1h par jour. Son objectif  est de jouer le double d’ici la fin de l’année.

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